Bulletin n° 94 - Cercle royal Art et Histoire de Gembloux

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Bulletin n° 94

Actu



« 10 mai 1940 –
Je suis encore au lit vers six heures du matin.
Un bruit infernal se fait entendre.
Ce sont des avions à croix gammée.
On ouvre la radio aussitôt.
La guerre est dans notre pays.... ».


C'est par ces lignes que débute le carnet de guerre d'Arthur Dehaut, de Lonzée.
Dans le bulletin n° 94 du Cercle royal Art et Histoire de Gembloux qui vient de sortir de presse, Remy Bauvin livre la transcription fidèle de ce carnet et de l'aventure humaine de ce Lonzinois qui n'avait pas 18 ans lorsque la seconde guerre mondiale a éclaté. Depuis le premier jour du conflit jusqu'au 20 décembre 1945, on partage le quotidien d'Arthur Dehaut. Le 11 mai 1940, la gendarmerie lui donne l'ordre de rejoindre Ypres, puis Abbeville, en France. Un voyage qu'il fera en vélo et en train avec huit autres de Lonzée. Plusieurs bombardements et mitraillages par l'aviation allemande ponctueront le trajet pendant lequel Arthur Dehaut sera blessé à la tête.
Son long voyage le mènera ensuite dans le Finistère où il sera fait prisonnier par les Allemands avant d'être libéré dans la région du Mans, avec ordre de regagner la Belgique. C'est à pied, en voiture, en camion et en train que le voyage du retour se fait. Il loge dans des centres pour réfugiés, dans des hangars, dans des fermes ou dans la paille de meules de foin. Rouen, Cambrai, Amiens, Mons, Charleroi et Namur sont quelques étapes sur la route vers Lonzée où il arrive finalement le 9 juillet 1940.
Il note alors que des obus sont tombés un peu partout dans le village, occasionnant des dégâts plus ou moins graves. La vie continue tant bien que mal. Arthur est engagé en 1941 à l'atelier central des chemins de fer des Bas-Prés à Salzinnes. En 1942, le 9 janvier, alors qu'il se rend à son travail en train, l'arrière du convoi dans lequel il se trouve est tamponné en gare de Saint-Denis-Bovesse par un train direct. Il y a de nombreux blessés et plusieurs tués. Il en réchappe heureusement.
Le 29 septembre 1942, Arthur prend à nouveau la route pour tenter de gagner l'Angleterre via la zone libre. Arrêté à Vierzon, il devra choisir entre un camp de prisonniers en Allemagne ou un engagement à la Légion étrangère. Il choisit la seconde option. C'est par Montluçon et Lyon qu'il arrivera finalement dans une caserne à Marseille. Il n'y restera que quelques jours avant de décider de tenter de rejoindre l'Espagne, puis l'Angleterre. Après bien des péripéties, il parvient à franchir à la nage la rivière qui constitue la ligne de démarcation. Arrêté par une patrouille, il sera emprisonné en décembre 1942 à Orléans, puis à Compiègne, avant d'être transféré par train à la prison de Saint-Gilles. Il sera libéré le 13 février 1943 et regagnera une nouvelle fois Lonzée.
En juin 1943, il s'engage dans la Résistance alors même qu'il est surveillé par les Allemands. En 1944, il participera à diverses opérations, avant de s'engager comme volontaire de guerre. Il sera affecté au 12e Bataillon de Fusiliers à Charleroi. Son unité sera envoyée en Allemagne au début de l'année 1945.
Le carnet de route d'Arthur Dehaut se termine le 20 décembre 1945. Il contient nombre d'anecdotes. Sa publication est un hommage à un véritable patriote. Arthur Dehaut est mort le 31 mai 2000.

Cette livraison du Bulletin du Cercle royal Art et Histoire de Gembloux contient aussi, sous la plume d'Eric Béka, un hommage à Huberte Therasse–Brichart, vice-présidente honoraire du cercle décédée le 27 juin 2017 et qui fut pendant 31 ans institutrice à l'école communale des Isnes.

On peut se procurer ce bulletin du Cercle Royal Art et Histoire auprès de Mme V. Gourdin – Tél. : 081 61 33 01 -
au prix de 6 € à verser sur le compte BE29 0010 3114 5564 en indiquant en communication : « Bulletin n° 94 ».

Informations : www.crahg.be - info@crahg.be – Tél. : 081 613 301
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